top of page

Le syndrome d'un féminisme en carton à Hollywood

Dernière mise à jour : 11 déc. 2023



Le film est une satire sociale de la poupée Barbie et de son rôle joué depuis sa création en 1959. Enfin, c'est ce que l'on pense, au départ. Un film certes visuellement époustouflant, mais pas sans défaut.


Un film anti hommes?


Lors de son passage dans le vrai monde, Ken découvre le patriarcat, le total opposé de Barbie Land, où tout est dirigé par des femmes. Un peu confus sur la signification du concept, Ken décide de l'introduire à Barbie Land. Très vite, il se rendra compte qu'il ne se retrouve pas dans cette toute-puissance masculine. Barbie n'est pas un film qui tient un discours haineux envers les hommes. Ils y sont caricaturés pour le bien du message véhiculé: Non, Barbie n'est pas une poupée féministe qui a amélioré la condition de la femme dans le monde réel. Elle a justement renforcé cette image de la femme idéale, bonne à tout faire, que l'on retrouve dans les remarques déplacées des hommes.


Le problème: le film prend une tournure binaire dès lors que l'on comprend que les Barbies veulent simplement rétablir le matriarcat à Barbie Land, sans recherche de compromis avec les Kens oppressés. En effet, le manque de développement d'un unique personnage masculin censé vient court-circuiter la morale au départ honnête. Un féminisme qui tourne donc à la parodie, où les femmes deviennent in fine le reflet de ce qu'elles cherchent à combattre. Inutile de dire que l'on sort quelque peu confus de la séance.


Une autodérision nécessaire


Le film présente des moments comiques, au risque de devenir un véritable drame social. Le sérieux du sujet de la place de la femme dans la société est adouci par des segments plein d'humour: la publicité sur la "Barbie dépression" avec les crises d'angoisse vendues séparément, la note brisant le quatrième mur qui remet en question le casting de Margot Robbie. Malgré quelques blagues tirées en longueur, le film réussit le pari hasardeux de nous faire rire en abordant des sujets importants.


En conclusion, le film n'est ni incroyablement bien, ni incroyablement mauvais. Il n'est pas grandiose par le simple fait de son discours féministe, il n'est pas non plus terrible parce qu'il ose soulever ce genre de problématiques. Après tout, John Cena en sirène, c'est quand même à voir...


Note globale: 5.5/10




Barbie. Greta Gerwig. Warner Bros. Pictures (2023).




Commentaires


bottom of page