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Quand le rêve devient cauchemar


Coraline est un film en top motion réalisé par Henry Selick. Long métrage produit par le studio Laika, studio d'animation qui permettra notamment la réalisation du film Les Noces Funèbres de Tim Burton. Autrement dit, tous les feux sont au vert pour passer un bon moment.


Adaptation du roman de Neil Gaiman, le film raconte l'histoire de Coraline et de ses parents qui emménagent dans le Palais Rose. Fille unique et délaissée de ses parents qui se concentrent sur leur travail, Coraline doit se trouver des occupations. Lors de sa déambulation dans la vieille maison, elle tombe sur une petite porte bloquée par un mur de brique. Pendant la nuit, une souris la réveille et la mène à la petite porte qui ouvre cette fois sur un tunnel coloré qui la mène vers une copie conforme de la maison et sa famille, mais en mieux.


Pourquoi ça marche magnifiquement bien?


L'ouverture du film mérite toute l'intention des apprentis cinéastes tellement elle est percutante et efficace. En moins d'une minute, le spectateur reçoit des informations qu'il mettra en place par la suite, tel un puzzle. L'exposition met en scène des mains métalliques en pleine conception d'une poupée à l'effigie de l'héroïne.


D'abord, la musique chorale met en place à la fois une dose d'étrange par la voix chantante de l'homme et d'innocence par les vocalises des enfants. Le tout a un coté étrangement apaisant. On se sent en sécurité alors que l'on ne l'est peut-être pas. C'est un paradoxe qui va nous suivre tout le long du film.


Ensuite, les couleurs racontent avec splendeur les émotions sous-jacentes des personnages.


Les indices musicaux


La musique du film est signée Bruno Coulais, connu pour son travail sur le film Les Choristes aux côtés du réalisateur Christophe Barratier. Alors que la première partie du film nous offre des mélodies joviales, complices de l'enfance aventureuse de Coraline, la musique se détériore au fur et à mesure de l'enfoncement de Coraline dans l'autre monde. Les voix chantantes des enfants, autrefois de concert avec la bonne humeur de la jeune fille, chuchotent maintenant prudemment en guise d'avertissement.


Ainsi, chaque personnage à son leitmotiv musical accordé: Bobinsky, le voisin russe acrobate se manifeste par une musique furtive et taquinante à l'instar de ses pirouettes.

L'Autre-Mère déambule sur des sonorités stridentes, signature de la bande sonore du film d'épouvante.


Dans Coraline, la musique ne fait pas que raconter, elle nous transporte dans une dimension diégétique unique. La grandiosité du visuel est accompagnée d'une bande sonore inoubliable. Le combo image-son est foudroyant.


La forte symbolique des couleurs


Le traitement des couleurs est minutieux et intelligent. La palette chromatique du monde réel se résume à une teinte grisâtre, terne pour renvoyer à l'ambiance déprimante de la réalité de Coraline. Dans cette vie morose, Coraline, personnage vibrant, ressort chromatiquement: elle porte un manteau de pluie jaune fluo et ses cheveux arborent un joli bleu cyan. En contre point, le monde parallèle est caractérisé par des lumières chaudes. La chambre de Coraline y est accueillante, haute en couleur. La vérité n'est donc peut-être pas à trouver dans les couleurs. Mais alors à qui faire confiance?



Note: 10/10 !

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