Un Métier Sérieux vu par une prof
- Elise Gilbert
- 28 sept. 2023
- 2 min de lecture

Après son film Hippocrate traitant de la dure réalité du métier de médecin, Thomas Lilti relève le défi de représenter plus d'un million de personnes en France: les enseignants.
Dans Un Métier Sérieux, nous suivons une collectivité, celle de collègues soudés, prêts à débuter une nouvelle année au collège Victor Hugo. L'accent est mis sur le personnage de Benjamin, jeune remplacant sans expérience, qui devra s'affirmer face aux élèves.
A travers son film, le réalisateur souligne un message poignant : le métier d'enseignant est une vocation, un travail à exercer avec passion. Car même quand la passion et l'envie de bien faire est présente, il est parfois difficile de surmonter les défis quotidiens: un élève insolent, une hiérarchie pas toujours impartiale, des désaccords entre collègues. Ce film est un portrait émouvant d'un métier prenant, aussi gratifiant que pesant.
Un film qui ne cède pas à la facilité scénaristique
Un Métier Sérieux démontre à merveille les difficultés d'un métier social sans pour autant tomber dans les clichés.
La scène du contrat de discipline d'un étudiant illustre parfaitement ce propos. Lors de cette réunion, l'élève, accusé d'avoir suivi et menacé son professeur hors de l'enceinte de l'école, les parents et l'ensemble du corps professoral sont réunis autour d'une table. Les parents paraissent désabusés face à leur fils, qu'ils ne reconnaissent pas. Le professeur, lui, admet avoir bousculé l'élève sous la colère. Par la clarté de la situation, non pas inconnue des établissements scolaires, le scénario nous offre une profondeur bienvenue des personnages. On ne peint pas un tableau de bons ou de méchants, mais plutôt une série de malentendus et d'émotions exacerbées qui doivent être résolus pour le bien de tous.
Le film apporte le message réconfortant qu'un enseignant est aussi parent et qu'un élève a aussi une vie en dehors de l'école qui impacte sa scolarité. Que l'indulgence est donc de mise pour des personnes qui font de leur mieux, élèves comme enseignants.
La mise en scène dynamique du film choral
La caméra à l'épaule permet une immersion totale dans l'effervescence d'une classe. La mise en scène met en avant un réalisme indispensable à la narration. Par là, on capte l'agitation des élèves, le manque d'assurance du professeur débutant et la tension globale qui en découle.
Cette expérience immersive continue dès lors que l'on suit les professeurs après les cours. Nous assistons à un microcosme narratif qui nous ouvre les portes de la vie privée des professeurs. Au-delà de nous rapprocher des personnages en apprenant à mieux les connaitre, Thomas Lilti appelle à une certaine empathie en mettant en avant que les enseignants continuent la lutte éducative avec leurs propres enfants à la maison. Et reviennent le lendemain à l'école, emplis de résilience, toujours avec l'envie de bien faire.
Note 8/10



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