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Anatomie d'un film d'horreur voué à l'échec

Dernière mise à jour : 7 nov. 2023


The Nun. Corin Hardy, Warner Bros., 2018.


Le film raconte l'histoire d'une sœur en devenir et d'un prêtre qui vont enquêter sur le suicide d'une sœur dans un couvent en Roumanie. Il ouvre sur une réminiscence de notre première rencontre avec la nonne maléfique dans le deuxième Conjuring. Et ça restera le point culminant du film.


La différence entre cinéma bien fait et cinéma pour faire


Petite mise en situation pour commencer. Imaginez vous face à un démon dans un cimetière embrumé. Que faites vous? Vous garder vos yeux sur la menace ou vous cherchez encore plus de démons autour de vous? La première option devrait vous satisfaire. Pourtant, les scénaristes de La Nonne ne sont pas de cet avis. Pour le protagoniste, cela ne lui suffit pas d'être en présence d'une créature pas très sympathique. Il préfère la perdre du regard pour scruter ses environs. Le démon manque, bien sûr, à l'appel. On vient de résumer la méthode d'action principale du film La Nonne, pour ne pas dire son plus gros point faible. Les scénaristes tombent dans la facilité scénaristique au détriment de la crédibilité de l'histoire. L’histoire ne devrait pas servir à la mise en scène mais bien le contraire. La camera est juge de la narration. Elle doit servir à un but esthétique, narratif. Elle ne peut être réduite aux simples manques d'inspiration des scénaristes.


Tension graduelle sous-exploitée


Le film présente quelques idées intéressantes qui, malheureusement, ne sont pas pleinement développées.

Prenons comme exemple la scène de la déambulation du personnage dans la buanderie. Chaque drap pendu sur le fil est une opportunité parfaite pour l'apparition soudaine d'un démon. Cette opportunité scénaristique n'est cependant pas prise, et c'est une bonne chose. Un screamer visuel efficace ne se laisse pas être prévisible.

Sur base de la règle des tiers qui divise l'image en 9 cases, la main du démon apparait subtilement dans le tiers gauche du plan. Cette technique de composition de plan est beaucoup utilisée pour établir un équilibre visuel et permettre au spectateur de s'engager à la fois avec le personnage et avec l'environnement de la scène. Dans le cinéma d'horreur, un tel travail de caméra met à mal l'anticipation du spectateur pour ensuite mieux l'effrayer.

Le problème? La scène est pliée en maximum 10 secondes et continue sur le cimetière, endroit surexploité du film. Un des seuls moments qui aurait pu nous offrir de l'horreur qualitative est gâché au profit d'une chasse au démon sans saveur, ni originalité.


In fine, on a plus l'impression de regarder un film d'aventure qui veut toucher à l'horrifique. Le film est ponctué de défauts qui ne devraient pas se trouver dans un film de l'univers Conjuring. Défauts qui, on l’espère, seront corrigés dans le deuxième opus, attendu début septembre 2023.


Note: 3/10


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